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La référence en matière de comédie musicale française


Elsa Pérusin : une Toulousaine à Paris

Publié par Music All sur 24 Novembre 2016, 21:26pm

Catégories : #Portraits

Elsa Pérusin : une Toulousaine à Paris

Elsa Pérusin, 29 ans, participe à plusieurs projets artistiques depuis sa prime jeunesse. De la scène, à la télévision, en passant par le doublage et même le cinéma, elle multiplie les apparitions. Son domaine de prédilection : la musique. Elle commence par intégrer la compagnie de Gilles Ramade avec qui elle participe à plusieurs projets musicaux tels que « Jim & Janis », un opéra rock retraçant la relation de la jeune Janis Joplin avec Jim Morrisson peu avant le festival de Woodstock de 1969, dans un studio d’enregistrement. Mais Elsa ne s’arrête pas là et elle entre dans le casting du Rocky Horror Picture Show, nouvelle adaptation de Gilles Ramade, dans lequel elle incarne le rôle de Magenta, sulfureuse et explosive assistante du professeur Frankenfurter. Quelques années plus tard, c’est dans l’opéra rock The Wall qu’elle nous présente ses talents de comédienne. Elle y campe en effet toutes les femmes qui influencèrent la vie de Pink. Aujourd’hui encore, on la retrouve à l’affiche du tout nouvel opéra rock « Le Rouge et Le Noir » pour lequel elle se glisse dans la peau de la jalouse et perfide Madame Valenod. L’équipe de Music All l’a rencontrée pour vous.

 

Music All : On a pu te voir à l’affiche de beaucoup de comédies musicales et de shows musicaux. Comment expliques-tu cette passion pour la musique ? Quand et d’où te vient-elle ?

Elsa Pérusin : C'est assez viscéral. Je fais partie de ces gens pénibles qui chantent partout, tout le temps, qui harmonisent sur la radio, qui vous tendent un micro invisible pour faire pareil et qu'il ne faut pas balader en voiture. Je me fous d'être célèbre, par contre je veux chanter, jouer, chaque jour.

 

Outre la comédie musicale, tu es aussi à l’affiche de certaines pièces de théâtre. Quand tu entres dans le monde artistique, tu penses tout de suite à te produire sur scène ou cela te vient-il plus tard ?

J'ai fait mes premiers pas sur scène, en théâtre musical, à sept ans. Dans le rôle d'un nain qui jouait, chantait, dansait à genoux sur des petits chaussons. Du coup, le cloisonnement des disciplines m'a toujours paru un peu flou hehe. Le théâtre me semble être le même investissement de voix, de corps et de cœur que le chant. J'aimerais ne jamais avoir à choisir. C'est ce qui explique mon attachement à la comédie musicale, cet art si complet. Mais en fonction des projets, je suis parfois comédienne, parfois chanteuse, parfois juste une voix... Cette complémentarité me plait par dessus tout. De toutes manières, je n'aime pas beaucoup les étiquettes. Elles grattent.

J'aimerais ne jamais avoir à choisir...

La première grosse production à laquelle tu participes, « Le Rouge et Le Noir », est bien différente de tes anciens projets un peu moins connu. N’est ce pas trop stressant de se retrouver d’un seul coup sous le feu des projecteurs ?

L'enjeu est évidemment un peu différent lorsque mille personnes vous voient tous les soirs pendant plusieurs mois. Mais j'essaie d'être assez imperméable à ce genre de considérations. On m'a confié un personnage pour qu'il vive, ça me rend très heureuse. Je suis bien sûr sensible à l'amour incroyable que l'on reçoit depuis septembre. Mais le bonheur d'entrer dans un monde imaginaire, de s'approprier les chaussures, les rêves et les vilains défauts d'une autre, ça je croit que ça me procurait déjà beaucoup de plaisir toute seule dans ma chambre d'enfant, alors sur scène vous pensez bien. De Paris ou d’ailleurs.

 

Dans cet opéra rock, tu campes une Madame Valenod  jalouse mais aussi complètement folle et délirante. As-tu mis un peu de toi-même dans ce rôle ou as-tu gardé le côté original du personnage de Stendhal ?

Le plaisir d'un rôle aussi visuel que Mme Valenod, c'est que sur le livret de départ peu d'indications sont données. Chez Stendhal non plus d'ailleurs. Alors j'aurais bien du mal à trouver un responsable autre que moi pour excuser ces pitreries, si ce n'est cette merveilleuse alliance artistique (Alexandre Bonstein, Francois Chouquet et Vincent Baguian) qui a encouragé mes bêtises !

 

Pendant le spectacle, tu n’interprètes qu’une seule et unique chanson et ce, cinq fois par semaine. Comment réussis-tu à réinventer la performance pour ne pas t’enfermer dans une routine ?

Oh on ne s'ennuie pas! L'équipe artistique m'a laissé une grande liberté d'improvisation. On m'a offert, entre autre, la chance de persécuter deux camarades, les excellents comédiens Louis Michaut et Fred Colas, d’ébouriffer un parterre entier de spectateurs, et ce avec l'inénarrable Mr Valenod, Patrice Maktav. La chanson est ré-inventable à l'infini!

Oh, on ne s'ennuie pas !

D’ailleurs, beaucoup de personnes s’étonnent en t’entendant chanter « Tout se perd » lors des représentations, tu as une voix impressionnante que l’album ne laisse pas facilement transparaître. Quel travail effectue-tu sur ta voix pour réussir à réaliser des prestations aussi incroyables ?

Jouer à cette fréquence s'apparente à un entraînement sportif. Échauffements, assouplissements, endurance... mais si ce n'est le travail, aucun grigri ou secret particulier. J'imagine que j'ai surtout très envie de chanter. Le live c'est organique, la vérité du moment, avec l’énergie de ce jour là. Et je suis ravie que ça vous plaise!

 

Maintenant que tu as fait l’expérience d’une grosse production, t’imagines-tu te relancer dans ce genre d’aventure ?

Demain !

 

Tu joues trois soirs et deux après-midi, et tout ça en fin de semaine. Tes jours de repos sont donc complètement décalés par rapport aux autres. Comment arrives-tu à gérer ta vie personnelle et professionnelle en même temps ?

Ça me laisse en fait beaucoup de temps pour d'autres projets plus ponctuels, je fais du doublage, des pubs... Quant à la vie personnelle, elle trouve toujours sa place de choix dans tout ce bazar ! C'est essentiel. Mais je ne dors pas beaucoup, c'est vrai !

Ce qui m'importe, c'est surtout ces deux heures de spectacles que nous partageons !

Le fait de te retrouver dans un spectacle de cette envergure a sûrement du t’apporter un public supplémentaire. Comment décrirais-tu la relation qui t’unit à ce public aujourd’hui ?

C'est un bonheur de pouvoir jouer tous les soirs devant un public aussi nombreux et chaleureux. On reçoit beaucoup de jolis mots, de sourires, de photos souvenirs, je suis très touchée. Nous sommes peu nombreux au plateau, les échanges après le spectacle sont très simples. Je rencontre de nouvelles personnes attachantes, qui s’intéresseront peut-être à la suite de mes aventures. Mais pour l'heure ce qui m'importe c'est surtout ces deux heures de spectacle que nous partageons. On ne s'habitue jamais à un accueil pareil. Merci.

 

Tu as réalisé tous les projets que nous te connaissons aujourd’hui au coeur d’une troupe. Pense-tu à te faire une carrière solo ? Sortir un album par exemple ?

Oui, un projet d'album me tient à cœur depuis longtemps. L'histoire en chanson d'une fille. Une comédie musicale à un seul personnage. Mais je prends mon temps. Je change quelques virgules de temps en temps, je rencontre un musicien qui me donne envie d'ouvrir un peu mon projet secret. Bref c'est mon fil rouge.

 

Propos recueillis par Gaëlle De Marrez

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