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Music All

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La référence en matière de comédie musicale française


Thomas Bernier : Un circassien monté à Paris

Publié par Music All sur 27 Juillet 2018, 11:52am

Catégories : #Portraits

Crédits : Ilyas Guertili

Crédits : Ilyas Guertili

Après la récente fin de la comédie musicale Grease au théâtre Mogador dans laquelle le danseur Thomas Bernier s'est illustré pendant près d'un an, il sort son clip dans lequel il nous raconte son premier amour : le cirque. Nous l'avons rencontré pour vous, il nous parle de ses passions.  

 

1 – Tout d’abord, d’où te vient ta passion pour le monde artistique ?

Alors, d’où ça me vient ? Depuis que je suis petit, mon premier amour c’est le cirque. Je suis monté sur scène à l’âge de 8 ans et j’ai fais ça une bonne dizaine d’années. Je n’ai commencé la danse qu’à 18 ans. J’ai toujours aimé créer un monde artistique, monter des spectacles. Au cirque, j’ai d’abord été jongleur, puis je suis passé entraîneur et ensuite j’ai intégré l’équipe qui montait les spectacles. Ce qui s’est passé, c’est qu’une école de danse cherchait quelqu’un pour monter ses spectacles et c’est à moi qu’ils ont demandé. Je leur ai écrit un spectacle avec un premier rôle masculin (« Venise, quand le masque tombe » nldr.) mais il n’y avait pas de garçon dans l’école donc la directrice m’a proposé de prendre le rôle et c’est là que j’ai commencé à faire de la danse. Le chant et la comédie ne sont venus que cette année mais avec mon nouveau projet, je reviens à mon premier amour, je recrée une chorégraphie, un univers, je transmets un message et c’est ce qui me plaît vraiment.

 

2 – Quelle formation as-tu suivie pour atteindre les plus belles scènes et productions ?

J’ai fait une école de cirque qui s’appelle le Cadet’s Circus à Etrechy, puis le Studio Art Dance à Etampes où j’ai fait mes premiers pas en danse. J’ai intégré l’académie internationale de danse (AID) à Paris où je faisais entre 5 et 7 heures de danse par jour. J’ai fonctionné par contrat d’apprentissage notamment sur Mistinguett (comédie musicale d’Albert Cohen) ou avec Kamel Ouali (Bal masqué de Versailles, en Russie également) et Hakim Ghorab sur les Enfoirés. Ensuite je suis arrivée à Disney, j’ai intégré le spectacle Frozen (La Reine des Neiges ndlr.) et c’est pendant mon contrat à Disney que j’ai passé les auditions pour Grease.

 

3 – La production de Grease est connue pour être très exigeante et pointilleuse.  Peux-tu nous parler du déroulement du casting ?

A la base, je ne voulais pas passer l’audition de Grease, ça ne me tentait pas parce que je n’étais pas encore éduqué à la « vraie comédie musicale ». Mais j’étais avec une bande de copains à Disney et on s’est dit qu’on passerait l’audition tous ensemble. J’ai passé le premier tour de danse, je l’ai réussi. Le tour suivant, c’était le chant mais je me disais que de toute façon je ne suis pas chanteur, ça me soulait, je ne voulais rien préparer et c’est Jérémy Petit (interprète de Roger) qui m’a convaincu de saisir ma chance. Mes amis m’ont beaucoup fait travailler, j’ai préparé Formi Formidable et Martin Michel, le chorégraphe, m’a demandé si j’avais déjà pris des cours. Je lui ai répondu que non mais il m’a demandé de travailler Grease Lightning pour le tour suivant en plus d’une scène de comédie. En tout, il y a eu 8 tour d’auditions répartis sur un mois. On avait donc très peu de temps entre chaque tour mais on nous demandait souvent les mêmes choses. Après les 8 tours, on a eu une réponse et c’était bon.

 

4 – Grease est un spectacle où tu dois te montrer impeccable dans toutes les disciplines. On te devine donc aussi un attrait pour le jeu et le chant. Pourrais-tu un jour imaginer entamer une carrière d’acteur ou de chanteur ?

Pas uniquement parce que mon premier amour c’est vraiment la danse. Mais je ne dis pas forcément non à faire des contrats en tant que chanteur, danseur ou comédien. Ce qui compte, c’est d’être pluridisciplinaire et ce que j’ai découvert sur la comédie musicale me donne envie d’explorer encore plus et de réunir ça avec ma passion d’écriture de spectacle. En parallèle de mon projet de clip, je travaille à écrire ma propre comédie musicale. En fait, ce qui m’intéresse dans ce métier, c’est la vraie diversité qui s’offre à nous.

Thomas Bernier : Un circassien monté à Paris

5 – Grease est un spectacle chorégraphié au millimètre près. Comment faites-vous, les danseurs, pour éviter la monotonie au fil des représentations ?

J’avoue qu’on y tombe quand même un petit peu. On a beau dire qu’on fait un métier de passion mais il y a aussi un moment où dans « métier de passion », y a le mot métier donc c’est un travail. C’est aussi pour ça qu’on fait plein de choses à droite à gauche, que ça ne dure jamais très longtemps. On en a l’impression mais le spectacle n’est jamais le même tous les soirs, on sait faire en sorte que le show ne soit jamais identique pour ne pas casser le naturel, pour que ça ne devienne pas mécanique.

 

6 – Yanis Si Ah (interprète de Kenickie dans Grease) a récemment dû te laisser sa place le temps de deux représentations. Comment as-tu vécu le fait de devoir passer derrière le titulaire du rôle ? N’y a-t-il pas une petite appréhension vis-à-vis de la réaction du public ?

Pas du tout ! Il faut savoir que jusqu’à la finale des auditions, on ne savait pas qui serait titulaire et qui serait doublure. Au final, avec Yanis, ça s’est hyper bien passé, il était très bienveillant à chaque fois, il m’apprenait les parties de Kenickie dès qu’il avait du temps. Il a été le premier à m’envoyer un message pour m’encourager ces deux fois. On stresse plus de mal faire et de ne pas se plaire à soi-même que du regard des autres.

 

7 – Le spectacle a récemment touché à sa fin. Comment t’es-tu senti humainement à l’idée de quitter cette troupe, avec qui tu partages ta vie 6 jours sur 7 ?

Au bout d’un an, j’avais envie de vivre d’autres aventures. C’est une année qui a été très riche artistiquement et humainement parlant mais j’ai quand même envie de passer à autre chose et de retrouver une vie plus normale. J’ai passé les derniers temps à me dire « Vivement la fin » et puis sur la dernière semaine, je réalisais chaque jour que c’était le dernier mercredi, le dernier jeudi donc ça foutait un petit coup au moral. C’était beaucoup d’émotions même si on savait qu’on serait amené à se revoir. Émotionnellement parlant, on reste des êtres humains et on a créé de très forts rapports humains. La fin a été très intense.

Crédits : Monsieur Kay

Crédits : Monsieur Kay

8 – En se baladant sur ton compte Instagram, on remarque que tu es tout de même assez photogénique. Pourrais-tu t’imaginer un avenir en tant que modèle (pour des défilés ou des photographes) ?

Pourquoi pas ? Si l’opportunité vient, j’y réfléchirai à ce moment là mais actuellement je ne pense pas avoir ce qu’il faut pour, ça ne fait pas partie de mes objectifs premiers mais je ne suis pas fermé à l’idée. Je ne pensais pas être chanteur mais au final j’ai participé à Grease donc tout peut arriver.

 

9 – Tu te verrais repartir sur un projet de comédie musicale ?

Franchement ouais. Si le projet me plaît et que je suis disponible, je suis totalement partant. Je suis vraiment novice dans ce monde-là, c’est une amie qui m’a fait découvrir ça, qui m’a vraiment éduqué à ça. J’en apprends plus tous les jours. C’est pour ça que mon projet d’écrire ma propre comédie musicale va s’étaler sur plusieurs années, pour me donner le temps de murir l’idée.

Crédits : Sophie Finot

Crédits : Sophie Finot

10 - Peux-tu nous parler un peu de ton projet de clip ?

C’est un projet où je reviens sur mon premier amour : le cirque. Ça me parle depuis que je suis tout petit parce qu’au-delà d’être une école, le cirque où j’ai grandi est ma deuxième famille, ce sont des gens qui m’ont aidé à me construire artistiquement mais aussi beaucoup humainement. Ils m’ont fait confiance, ils m’ont poussé vers le progrès. J’avais envie de montrer mon vrai moi à travers quelque chose qui me tenait à cœur. J’ai contacté mon ancienne école, je leur ai demandé si je pouvais utiliser le chapiteau et bien sûr ils ont accepté. J’ai eu accès au local costume, j’ai eu une maquilleuse professionnelle, un coiffeur, quelqu’un pour les lumières. Ma famille m’a énormément aidé.

J’ai sélectionné une chanson assez connue que j’ai choisi pour son message de tolérance, d’acceptation. C’est important en 2018 de ne pas avoir à justifier qui on est, qui on aime. La petite fille, héroïne du clip, part d’un endroit où elle n’est pas acceptée pour aller chercher le bonheur ailleurs, là où elle ne sera pas jugée pour ce qu’elle est. J’ai mis beaucoup d’amour dans ce projet, c’est mon bébé donc j’espère qu’il y aura des retours positifs.

 

11 - Si quelqu’un voulait se lancer dans le milieu du spectacle, quel conseil pourrais-tu lui donner en tant qu’artiste ?

C’est un métier de passion donc il faut vraiment avoir l’envie mais les places sont chères. Il ne faut pas avoir peur de travailler ou de se prendre des murs. On réussit en moyenne 1 auditions sur 10. C’est un métier où la sensibilité est mise à nue, on se nourrit de qui on est, de nos failles et de notre histoire pour construire l’artiste que l’on devient donc surtout ne pas avoir peur de se dévoiler.

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