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Music All

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La référence en matière de comédie musicale française


Notre Dame de Paris: le rêve d'Alexandre Lacoste

Publié par Music All sur 6 Octobre 2017, 11:03am

Catégories : #Portraits

Monsieur Kay Photographies

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Par hasard ou désir d'enfance, la danse se révèle être une discipline complexe. Pour Alexandre Lacoste, danser pour un spectacle musical relevait d'un rêve qu'il réalise aujourd'hui avec la troupe de Notre-Dame de Paris. Pourtant, bien que professionnel, il n'hésite pas à dévoiler quelques craintes. Music All l'a rencontré pour vous.

Music All: Tu es actuellement à l'affiche de Notre Dame de Paris, une comédie musicale à succès dont le retour fut très attendu par les fans français. Comment se sent-on lorsque l'on est engagé sur un projet de cet envergure ? N'y a t-il pas un peu de pression ?

Alexandre Lacoste: Notre-Dame de Paris c'était un rêve de gosse pour moi, mais il est vrai que plus on avançait dans les répétitions plus je me rendais compte dans quoi je m'étais lancé et j'avoue que personnellement la pression commençait à monter. En plus, Notre-Dame est un classique que je regardais petit, donc me retrouver à danser les chorégraphies que je rêvais de faire gamin c'était juste incroyable pour moi. On a pas eu trop de pression, c'était plus la peur que le public Français n'accepte pas le nouveau casting ou qu'il le trouve moins bon. Mais une fois passé les premières représentations à Roubaix puis au Palais des Congrès, on a vite compris que la grosse machine Notre-Dame était repartie ! Pour moi c'était ma première comédie musicale de cette envergure donc pendant tout le début des répétitions et des premières dates, "stress" et "pression" étaient mes deux fidèles amis... (rires)

 

MA: Sur ce spectacle, les danseurs sont toujours sur scène et ne disposent que de peu de temps de repos sur les 2h30 de représentation. Quelle est la préparation physique nécessaire à un telle performance ?

A.L.: Le plus dur pour nous c'est le premier acte. On enchaîne tous les tableaux avec les chorées les plus cardio et il est vrai que ça demande une vraie performance physique. Je ne vais pas mentir, je ne me suis pas du tout préparé physiquement avant d'entamer les répétitions. J'étais déjà en contrat depuis 6 mois sur un autre spectacle donc dans ma tête j'étais prêt. Mais en réalité quand j'ai fini le premier jour de répète j'ai compris que j'avais fait une belle erreur ! Je pense qu'on ne se rend pas compte quand on commence Notre Dame de la difficulté physique que ça demande. Au palais des Congrès, on enchaînait tous les soirs avec seulement un jour de repos. C’est vrai que nous étions fatigués mais plus on dansait le spectacle moins nous étions dans une souffrance physique comme au début. La tournée c'est totalement différent car le rythme est plus dur. On danse seulement 3 shows par week-end mais le fait que ça ne soit pas régulier fatigue beaucoup plus, sans compter les transports plus ou moins long selon les villes.

 

MA: Là où les comédies musicales partent assez régulièrement en tournée dans les provinces, Notre Dame est allée s'exporter jusqu'à Taiwan et, plus récemment, au Liban. Quel est l'apport professionnel et humain donné par une telle tournée ?

A.L.: Pouvoir partir à l'étranger défendre un spectacle français est déjà une fierté mais quand on voit l'accueil du public et les salles combles, on se dit que c'est un vrai classique dans le monde. Je ne m'attendais pas à un tel accueil de pays qui ne parle pas français. Le public de Taiwan est l'un des publics les plus respectueux que j'ai pu connaître. Ils n'applaudissent quasiment pas pendant le spectacle et ne font pas un bruit avant que ça commence, on a même l'impression que la salle est quasiment vide. Par contre une fois le rideau baissé et le final qui commence la salle est en ébullition et là on comprend que ça leur a plu. Le public du Liban ressemble un peu au public Français mais il y a quelque chose de différent que je ne peux pas expliquer. Le Liban a été pour moi la plus belle expérience que nous avons pu faire, enrichissante, qui m'a fait grandir et surtout travailler dans des conditions rêvées. Nous étions couchés dans la cage on voyait les étoiles, on sortait de coulisses on voyait la mer, on passait derrière le mur et toute la montagne et la côte étaient illuminées (on a même eu droit à un feu d'artifice à côté du festival le jour de mon anniversaire… (rires)). Le Liban et l'accueil qui nous a été réservé m'a fait vivre ma plus belle expérience de vie. Et danser à 28 degrés en plein air reste aussi une expérience physique assez incroyable.

 

MA: Faire une tournée signifie de vivre en permanence avec tes collègues danseurs mais aussi les chanteurs et comédiens. Aurais-tu une petite anecdote à partager avec nous ?

A.L.: On a une chance énorme sur ce spectacle c'est que le casting est très soudé, ce n'est pas difficile de passer un an et demi ensemble puisqu'on arrive aussi à trouver nos petits moments à nous pour se retrouver soi-même. Des anecdotes y en a plein ! On est souvent tous ensemble à la fin des spectacles pour se retrouver au bar de l'hôtel et on passe toujours des heures à rigoler ou débriefer de nos bourdes sur scène. J'ai de la chance d'être entouré de personnes pareilles je ne pouvais pas rêver mieux !

 

MA: Maintenant que tu t'es essayé à la comédie musicale, penses-tu repartir sur ce genre de projet ou te diriger vers quelque chose de complètement différent ?

A.L.: Pour l'instant si une occasion se présente c'est avec plaisir que je repars sur une autre comédie musicale. J'ai toujours aimé ce concept de spectacle où il y a la possibilité pendant 2 h de raconter une histoire. Mais à l'heure actuelle je pense me poser un peu plus sur des contrats plus courts, ou entamer une formation pour ouvrir mes capacités artistiques. C'est un métier où on doit sans cesse apprendre et s'améliorer peu importe l'âge que l'on a. La scène est formatrice à mes yeux mais j'ai aussi cette envie d'aller voir autre chose. Pourtant, j'aimerais pouvoir faire encore plus de scènes différentes, de spectacles différents pour agrandir mon expérience de la scène.

 

MA: Il arrive de plus en plus régulièrement, dans les comédies musicales, que ce soit les danseurs qui assurent certains petits rôles de comédies. Te lancer dans le théâtre serait-il une possibilité envisageable pour l'avenir de ta carrière ?

A.L.: Le théâtre m'a toujours beaucoup plu ! Quand j'étais enfant j'ai eu la chance d'avoir des petits rôles dans des films et des séries et j'en garde un excellent souvenir. Jouer ou parler sur scène serait un cap pour moi mais ne me dérangerait pas plus que ça. Chanter en revanche est quelque chose d'impensable. Je n'ai jamais réellement chanté ni pris de cours de chant depuis que j'ai mué (car oui enfant on a tous des voix sublimes puis l'adolescence arrive et c'est terminé) et ce n’est pas quelque chose qui m'intéresse artistiquement pour l'instant, ça pourrait changer avec le temps qui sait... Mes collègues à Mogador font ça très bien, alors je préfère aller les voir pour me dire qu'il faut que je m'y mette !

Monsieur Kay Photographies

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MA: En 2015 et 2016, tu faisais partie du casting de Disney pour son spectacle sur la Reine préférée des petits et grands. Tu es donc très polyvalent et tu participes à des projets très différents les uns des autres. Comment choisis-tu les spectacles dont tu souhaites passer les castings ? Si tu pouvais choisir n'importe quel spectacle avec la certitude d'y être engagé, quel serait le projet de tes rêves ?

A.L.: On ne va pas se mentir, le statut d'intermittent est un statut dur à avoir et surtout très peu reconnu dans la société ! Je ne peux pas me permettre de sélectionner les castings que je veux faire ou non. La seule sélection possible que je fais c'est quand je vois que je suis hors critère sur la taille ou autre. Outre ça, il y a des castings comme Notre Dame qu'il était hors de question pour moi de louper ! Passer le premier tour était déjà une victoire pour moi. Je ne regrette pas d'avoir posé un jour de dispo pour cette audition ! Disney, pour être honnête, j'ai passé le casting 2 fois. La première fois je n'étais pas encore prêt mentalement et physiquement pour monter sur scène en tant que professionnel ! Mais quelques mois après ça a été la bonne et je pense que je ne remercierai jamais assez les capitaines, les shows directeurs et Tatiana Seguin de m'avoir donné la chance de pouvoir signer mon premier contrat à 18 ans. Sans Frozen je reste convaincu que je n'aurais pas fait tout ce que j'ai pu faire après, comme Notre-Dame par exemple. J'ai rencontré des gens incroyables là-bas qui pour certains sont devenus des amis très proches, j'ai grandi personnellement et professionnellement. C'est indescriptible ce que j'ai pu vivre sur ces deux saisons. Un de mes désirs les plus fous est de pouvoir intégrer le casting du "Roi Lion". J'ai vraiment un amour pour ce spectacle que je trouve d'une puissance incroyable. J'avais passé les premiers tours à Mogador mais le dernier tour se faisait en Espagne et étant en contrat je ne pouvais pas partir passer les dernières étapes.

 

MA: Le métier de danseur est un métier éphémère, comme pour tout sportif professionnel. Certains danseurs s'orientent vers l'enseignement et d'autres s'arrêtent complètement. Comment envisages-tu ton futur ? N'y a t-il pas une petite appréhension ?

A.L.: Bien-sûr que si ! Tout danseur, je pense, a l'appréhension de savoir comment et quand va se finir sa carrière. L'enseignement actuellement est impensable (de façon régulière, je parle) car, à mon avis, il est difficile de donner des cours ou de former des danseurs potentiellement professionnels sans avoir vécu un minimum d'expérience scénique ou artistique. Donner des stages, ce qui m'arrive, est tout autre à mes yeux. C'est plutôt comme donner ma matière et partager pendant 1h 30 que de corriger, de former, ou autre. C'est pour ça que j'ai un peu de mal avec le mot "stage" beaucoup trop formel. Les métiers audio, vidéo, lumière me plaisent beaucoup plus actuellement ! Quand je suis en contrat je passe beaucoup de temps avec les techniciens et c'est une alternative qui me plairait​ comme fin de carrière. C'est pour ça que je songe à entamer une formation pour envisager la reconversion dans le cas où il m'arriverait quelque chose (je touche du bois).

 

MA: Le métier de danseur est souvent instable et il arrive fréquemment que des jeunes n'aient pas le soutien de leurs parents. As-tu eu celui des tiens ? Aurais-tu tout de même décidé de te lancer dans une carrière artistique s'ils n'avaient pas été d'accord avec tes projets ?

A.L.: Mes parents me suivent depuis le début et heureusement qu'ils étaient là. Ce n’est pas un métier facile, et moralement ils sont un soutient indispensable pour moi. Je leur dois énormément. À l'époque où j'étais en formation ils n'hésitaient pas à faire 1 heure de route pour m'emmener en cours après le lycée. Ils me permettent de garder les pieds sur terre et encore à l'heure actuelle, ils n'hésitent pas à me conseiller.
Mes parents ne sont pas du tout dans le milieu de la danse, ça a été un peu difficile au début pour eux. Accepter que son enfant se lance dans un emploi instable leur faisaient peur au début mais ils n'ont maintenant plus de doutes.
Je ne peux pas dire ce que j'aurais fait si mes parents n'avaient pas été d'accord car la question ne s'est jamais réellement posée. Comme mes parents m'ont souvent dit : "Sois heureux en te levant le matin pour aller travailler, c'est ça le principal"

 

Propos recueillis par Gaëlle 

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