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Music All

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La référence en matière de comédie musicale française


Scratch : de la pole-dance aux paillettes

Publié par Music All sur 2 Juillet 2017, 17:51pm

Catégories : #Portraits

Crédit: Instagram Scratch

Crédit: Instagram Scratch

Depuis le 25 Février 2017, ce sont les plus grands tubes disco qui résonnent au Casino de Paris pour rythmer la nouvelle comédie musicale : Priscilla, Folle du Désert. Derrière les chanteurs et comédiens, un ensemble de haut niveau dont fait partie le jeune Ludovic Alvernhe, aussi appelé Scratch. Touche à tout des milieux artistique et sportif, il nous raconte son histoire en faisant un tour d'horizon de sa carrière.

 

Music All : On te connaît sur scène et sur les réseaux sociaux uniquement sous le pseudonyme de Scratch. D'où te vient-il ?

 

Scratch : J'étais au lycée militaire à l'âge de 15 ans et quand on intègre le lycée, il n'y a pas de bande patronymique sur l'uniforme. Du coup, ils mettent un cache pour masquer le velcro et je n'arrêtais pas de jouer avec. Il y a une fille que j'ai rencontré ce jour-là, qui est devenue ma meilleure amie et qui, plutôt que de me demander tout simplement comment je m'appelais, m'a appelé Scratch et ça a fait le tour du bahut. Tout le lycée m'appelait comme ça parce que je jouais avec ce velcro. Comme c'était une année assez difficile pour moi sur le plan familial, il y a eu une espèce de façon de rebondir différemment. Je me suis découvert dans le sport, on me mettait dans tous les challenges parce que je courrais hyper vite et quand j'ai commencé à tester le hip-hop, il me fallait un nom. Mes potes m'ont dit « Bah Scratch ! », j'ai dit ok et depuis c'est resté, même quand je suis arrivé dans d'autres domaines. Ca fait 10 ans, c'était en 2007 et c'est toujours mon nom Facebook et mon nom Instagram.

 

M.A : Tu es actuellement à l'affiche de la comédie musicale Priscilla, Folle du désert au Casino de Paris. Pourquoi avoir accepté de faire ce spectacle ? Est-ce quelque chose de spécial qui t'as attiré vers ce show ou seulement une envie de découvrir quelque chose de nouveau ?

 

Scratch : En fait, j'ai passé ce casting sans vraiment savoir ce que c'était que Priscilla , pour moi c'était simplement le nom de la chanteuse (ndlr : Priscilla Betti). Je ne savais pas que c'était le nom d'un film et encore moins le nom d'un bus, je ne savais pas que ça traitait de drag-queen, de danse en talons donc j'ai vite déchanté à l'audition. Je me suis dit que c'était de l'expérience alors j'y suis allé quand même. On ne devient pas artiste si on dit non à ce genre de projet. Voilà pourquoi j'ai accepté, outre le fait que j'ai été pris ! (rires)

 

M.A : Tu es pole-dancer. Dans ton métier, tu es le plus souvent à l'avant de la scène, sous les projecteurs, avec un public qui te regarde directement. Sur Priscilla, tout est différent : le public regarde moins les danseurs et tu te retrouves à l'arrière de la scène. Comment t'es tu intégré professionnellement à ce nouveau mode de vie ? Que retires-tu de cette nouvelle expérience ?

 

Scratch : C'est toujours assez intéressant parce que tu t'imprègnes de l'énergie des autres danseurs autour de toi et puis, faire ce genre de tableau seul c'est vraiment pas possible. Je n'ai qu'un tableau où je suis toujours tout seul, c'est la Traviata où je danse sur le toit du bus.

 

M.A : Pendant le spectacle, tu interprètes la Traviata qui chante et danse sur le toit du bus. Les spectateurs en parterre ne le remarquent pas forcément du fait de leur point de vue mais tu es monté sur des talons de plus d'une dizaine de centimètres. Quelle préparation t'a été nécessaire pour apprendre à réaliser des chorégraphies en gérant non seulement les talons mais également la cape et le fait d'être attaché qui restreint tes mouvements ?

 

Scratch : La première fois que je l'ai fait, j'ai demandé à faire le changement de costume le plus près possible de la scène parce que je savais pas trop comment ça allait se passer. Je l'ai fait pour la première fois le 25 Février, le jour de la première. Ça aurait dû être Jimmy Bourcereau (interprète de Bradley/Félicia) sur le toit du bus et non moi mais il était beaucoup trop short au niveau du timing. On a donc choisi d'y mettre un danseur mais il fallait choisir quelqu'un qui lui correspondait dans sa carrure et sa morphologie puisque le costume était déjà fait. J'ai fais un test le 25 Février qui a été validé et on m'a confié ce tableau. C'est une scène qui est assez « free-style » où je peux me permettre de faire un peu ce que je veux malgré une directive, c'est ma liberté à moi. Ça a quand même été assez difficile avec les talons parce qu'en plus de ne pas avoir eu d'entraînement, c'est pas ma taille.

Crédit: Célia Schmerber

Crédit: Célia Schmerber

M.A : Si on regarde ton compte Instagram, on remarque que tu poses souvent pour des photographes et qu'il y a une grande partie de tes photos où tu es nu ou partiellement nu. On en déduit donc que les costumes osés de Priscilla ne t'ont probablement pas dérangé. Pourtant, tu es assez masculin, est-ce que l'idée de te travestir tous les soirs ne t'a pas fait reculer quelque peu ?

 

Scratch : J'assumais pas du tout, clairement pas, parce que pour moi être gay, ça ne veut pas dire perdre toute virilité mais vu que c'est du spectacle, de la scène et que tout le monde le fait, que je ne suis pas le seul à me travestir, je l'oublie très vite. En plus, c'est la thématique du film, du spectacle et au final, c'est tellement drôle que je le vis bien. Par contre, aux repets, je le vivais très mal parce que j'avais l'impression de perdre mon identité à faire les choses comme tout le monde. Des danseurs comme Pierre-Antoine Brunet ou Mehdi Mamine (ndlr : danseurs sur Priscilla, Folle du Désert) ont l'habitude de faire ça, de danser en talons et ont une maîtrise et une gestuelle très appropriées que moi je n'avais pas du tout en arrivant et que je pense que je commence à avoir maintenant.

Crédit: Sallygraphy

Crédit: Sallygraphy

M.A : Parmi tes collègues sur Priscilla, Folle du Désert, on retrouve le danseur professionnel Claude Cormier qui est également professeur de danse dans plusieurs studios (notamment le LAX Studio à Paris) et Jimmy Bourcereau qui enseigne à l'AICOM et à la MAI de Nancy. Donner des cours serait-il quelque chose que tu pourrais imaginer pour le futur de ta carrière de danseur ?

 

Scratch : Prof de danse ? Plutôt pole je dirai parce que, pour l'instant, je n'ai pas la maturité pour devenir prof de danse. Je pars sur un truc et puis sur un autre complètement différent, je ne sais pas canaliser quelque chose en particulier. Par exemple, tout ce que je fais en pole c'est sur le moment, je ne me dis jamais « Tiens, je vais monter ça ! ». Je n'ai pas l'esprit trop chorégraphe, je suis beaucoup sur le feeling, sur l'instant T. Quand tu es instructeur, il faut que tu ais une conduite, que tu partes d'un point A vers un point B. Et moi je suis plutôt du genre à faire A → Abis → A1 → A2 et ensuite B1 → B2 et des fois même B6 → B1.

 

M.A : Comme beaucoup de chanteurs, certains danseurs ont la possibilité de faire découvrir leurs talents par le biais des télés crochets. Par exemple, Mehdi Mamine avec qui tu partages la scène du Casino de Paris a atteint la finale de Britain's Got Talent il y a trois ans. Après la télé-réalité, pourrais-tu te présenter sur ces scènes pour démontrer tes talents ?

 

Scratch : Faire un télé-crochet ne me dérangerait pas mais je dois défendre un truc bien construit, préparé. Faire un télé-crochet pour faire un télé-crochet ça ne sert à rien. Sinon, tu peux très vite être bien vu comme être ridiculisé. Le niveau des pole dancer que j'ai pu voir en France est très élevé. Par exemple, Saulo Sarmiento qui est venu l'année dernière dans la France a un Incroyable Talent a fait un numéro de pole-dance aérien, c'était juste oufissime. Le mec se tord dans tous les sens donc le niveau est très haut, il a mit l'accent sur la partie technique, moins sur l'émotionnel mais ça reste un vrai tueur. Il faut dire ce qui est, il a fait une prestation de malade donc si je veux présenter quelque chose comme ça je dois beaucoup bosser. Après, le plaisir de faire une scène est quand même là donc moi, si je fais un truc comme ça, c'est pas pour gagner les 100 000€ mais pour le plaisir d'être vu et de faire de la scène, pour m'éclater.

 

M.A : Avant tout, tu es un passionné de sport. Tu as d'ailleurs passé deux années de ton cursus scolaire en STAPS à l'université et on peut te voir pratiquer l'haltérophilie sur Youtube. Pourrais-tu imaginer, un jour, tenter de devenir sportif professionnel (en dehors du monde artistique) ?

 

Scratch : C'est quelque chose qui m'intéresse mais je pense que c'est impossible de joindre les deux bouts. Tu ne te concentres pas sur quelque chose de précis et tu te perds trop si tu ouvres un éventail sur plusieurs disciplines. Même si je préférerais être sportif professionnel si je pouvais avoir le temps et l'argent, bien évidemment. Et même la condition physique, d'ailleurs, parce que rien que faire des activités comme le spectacle et la pole à côté, je suis fatigué alors si je dois refaire de l'haltérophilie, je sais pas si j'assumerai de tout pratique en même temps. Quand ton corps est ton outil de travail, tu t'épuises beaucoup plus vite sur une activité en particulier alors je pourrais pas tout mettre bout à bout, ce serait trop difficile.

Crédit: Instagram Scratch

Crédit: Instagram Scratch

M.A : Il y a deux ans, tu as participé à l'émission de télé-réalité « Coup de Jeune à Vegas » diffusée sur NRJ12, une participation un peu surprenante quand on voit l'image des télé-réalité ces derniers temps. Qu'est ce qui t'as poussé à participer à ce jeu, qu'en as-tu retiré ?

 

Scratch : Déjà, on est venu me chercher, on m'a contacté sur Facebook en me demandant si j'étais intéressé pour faire une « émission de danse à l'étranger ». L'intitulé du casting c'était « cherche artistes pour monter un show de danse à l'étranger » mais c'était tout, on avait aucune info en plus. Et quand j'ai passé le casting, on m'a fait danser mais on m'a plus posé des questions sur moi et on m'a dit que ce serait une troupe d'artistes qui allait monter un show à l'étranger mais sans me dire la destination, le type de projet ni combien de temps on allait partir. On nous a demandé de prévoir deux mois de disponibilité donc je me suis dit que : autant on allait faire trois semaines avant de se rendre compte que c'était pas possible, autant j'allais être avec des circassiens, des cracheurs de feu et je vais pas pouvoir faire ça, autant on va me demander de chanter et je suis plus danseur que chanteur. Je savais pas ce qui allait m'attendre et je suis arrivé sur place en découvrant que c'était pour faire du rock'n'roll, au secours ! Il y avait aussi cette confrontation des générations « vieux-jeunes », c'était cette thématique qui était surtout visée donc je me suis retrouvé le cul entre deux chaises en me demandant ce que je faisais là mais je me suis dit que dans tous les cas, j'y étais et je devais faire quelque chose. Au final, je regrette absolument pas même si ça n'a jamais été diffusé. Ça a été une grande expérience tant sur le plan relationnel que sur le plan artistique : on m'a fait danser sur du rock'n'roll, du ACDC, tout ce que je déteste. J'ai dû m'ouvrir à ça, ça s'est super bien passé, c'était même génial, j'ai pris mon pied sur scène. On te paie pour aller à l'étranger, et en plus à Las Vegas, dans une salle mythique. On était dans l'hôtel Palm qui a une salle de spectacle de presque 6000 places. Chaque hôtel de Vegas a une salle de concert, c'est assez impressionnant.

 

M.A : Sur ton compte Instagram, on peut trouver des vidéos de toi en tant que danseur mais aussi deux vidéos où tu joues du piano. As-tu toujours été passionné par le monde artistique en général ? Penses-tu un jour te tourner vers une carrière musicale ?

 

Scratch : J'adore ça, j'adore chanter et faire de la musique mais je suis pas du tout chanteur ni musicien, c'est quelque chose que j'ai appris à faire tout seul. Après si j'avais le temps de prendre des cours de chant ou de piano, bien sûr que je le ferai, avec plaisir même. De toute façon, tout ce qui touche à l'art me passionne : que ce soit du cinéma, de la musique, de la danse, c'est tout ce que j'aime.

 

M.A : Aurais-tu quelque conseils à donner à des jeunes qui voudraient se lancer dans une carrière de danseur ?

 

Scratch : Il faut croire en soi, ne jamais baisser les bras et travailler très dur. Je sais que moi j'ai encore énormément de travail à faire parce que j'ai aussi une bonne étoile. Il faut aussi oser parce que la danse demande beaucoup de sacrifices, on ne se rend pas compte : vivre de ce qu'on aime même si on est pas forcément bien rémunéré, ça demande du temps, du mental, de l'investissement et de savoir faire la part des choses. On a beaucoup de problèmes dans la vie de tous les jours mais il ne faut pas que ça joue dans notre métier. On peut avoir des coups de mou parfois mais on doit savoir passer au dessus de ça. Selon ce que tu fais, quand tu es passionné, ça te passe complètement au dessus et c'est ça qui est bien, c'est l'avantage de ces métiers là. C'est un métier à court terme, on ne peut pas danser jusqu'à 60 ans, il faut savoir que c'est un bonheur éphémère et je suis dans l'idée qu'il faut pas avoir de regret dans la vie. Ceux qui veulent faire ça : il faut tenter le tout pour le tout quitte à se casser la gueule mais surtout n'avoir aucun regret, c'est une chose que je ne peux pas envisager.

 

MA : Si ton nouveau public veut te découvrir en tant que pole dancer, où peut-on te voir danser ?

 

Scratch : Je danse pour moi souvent malheureusement mais j'ai pas encore de chemin, je ne suis qu'au début d'une potentielle carrière. C'est un milieu qui n'est pas facile, quand je veux des choses à côté du spectacle c'est pas toujours évident. En pole, je prépare des compets dont une à laquelle j'ai participé le 24 Février et où je me suis qualifié. Sinon il y a des vidéos sur Internet.

 

Vous pouvez profiter des dernières représentations de Priscilla, Folle du Désert au Casino de Paris du 6 au 9 Juillet 2017 avant de les retrouver au mois de septembre pour 16 représentations exceptionnelles à partir du 8 septembre. (Réservations ici)

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Commenter cet article

Pubert 12/07/2020 16:45

Vous êtes beau monsieur scratch et je suis fi6que que vous soyez le tonron de ma petite fille Iris
Il reste encore encore du chemin avec votre frère
Mais je crois â la beauté et â l amour

Pubert 12/07/2020 16:37

Je suis bluffee mais SURTOUT émerveillée par votre talent
Merci de faire rêver on en a besoin

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